Du côté de Camille Costa de Beauregard : la place du théâtre

Camille Costa de Beauregard portait un grand intérêt à l'évangélisation de ses orphelins dont il voulait faire « de solides chrétiens ».

le Mercredi 01 jan 2020

Theatre 1 Theatre 1  

 

Camille Costa de Beauregard portait un grand intérêt à l'évangélisation de ses orphelins dont il voulait faire « de solides chrétiens ». Il les avait initiés à la prière quotidienne, à l'assistance à la messe, au recours à la confession et à la communion fréquente. Et, pour fonder ses pratiques sur de bonnes bases, il assurait le dimanche, les cours de catéchisme qu'il avait composés sur des cahiers conservés au Bocage.

Mais, pour lui, prier et annoncer les vérités de la foi ne suffisait pas. Il avait compris qu'il fallait les concrétiser pour les rendre plus attractives afin de mieux les vivre. Une idée s’est alors imposée à lui, le recours au théâtre.

 

Il a construit un théâtre avec scène, rideau, coulisses et salle en gradins pour le public (214 places). Il avait commandé les décors à la célèbre maison « Le Goff » à Lyon et les costumes et accessoires, chez le non moins renommé Lambert. Il se procurait les faux bijoux chez Muller, à Paris. Il confiait les effets d'éclairage à d'excellents ouvriers locaux.

 

Les sujets de ses pièces étaient très variés :

- contes pour enfants (Le Chaperon Rouge, Hans et Gretel, des histoires comiques);

- scènes bibliques en rapport avec des personnages, des événements (passage de la Mer Rouge ; les Anges Gardiens, la Nativité ; la Fuite en Egypte ; le retour des croisés ; la Passion ; Pâques….)

 

Ayant lui-même des dispositions pour le théâtre, le père Camille Costa de Beauregard dirigeait les séances de répétition communes, et même individuelles, comme le précise ce témoignage d’un ancien orphelin devenu prêtre au service du Bocage (François Marrolliat) : « Je me rappelle avoir été plusieurs fois dans son bureau pour répéter ou prendre des leçons de diction, dont je profitais bien mal. La pensée du lui venir plusieurs fois de me remplacer par un autre. Il me garda pourtant, sans doute par crainte de me contrister, car c’est jusque là qu’allait sa délicatesse avec les enfants ».

On ne s’étonnera pas qu’avec autant de peine, de travail et de compétences, le nombre de spectateurs n’ait cessé de s’accroître.

 

Aujourd’hui encore le théâtre fait partie intégrante de l’éducation salésienne et bon nombre d’enseignant et de catéchistes y ont recours. Je citerai pour terminer l’initiative de « Caté théâtre » née aux Echelles qui réunit annuellement 50 acteurs, diocèses de Savoie et Isère confondus, devant un public enthousiaste de plus de 200 personnes. Une expérience approuvée et encouragée par Monseigneur Ballot archevêque de Chambéry.

 

Un article de Françoise Bouchard, paru dans Eglise en Savoie.

 

Theatre Theatre