Prêt à repartir ?

La Chronique des Salésiens: cette semaine, le père Jean-Marie Petitclerc, salésien de Don Bosco, éducateur, coordinateur du réseau Don Bosco Action Sociale (DBAS), nous parle de la

le Mercredi 11 mai 2022

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Ils avaient tout misé sur lui. Avec lui, ils avaient rêvé d’un monde plus juste, plus fraternel, plus paisible. Et voici que l’aventure s’était terminée avec cette croix plantée sur ce sinistre mont du Golgotha. Il leur fallait maintenant tourner définitivement la page, cesser de rêver, … et reprendre, sans grand enthousiasme, leur ancien métier.

 

De qui nous parlez-vous ce matin ?
De Pierre, de Jacques, de Jean, de Nathanaël et Thomas ; tous les amis de Jésus, que sa mort brutale a complètement désarçonnés. Alors les voilà qui, comme avant, repartent à la pêche…et, cette nuit-là, sans succès !
Et vous savez, lorsque vous avez galéré toute une nuit en mer, sans prendre aucun poisson, que tous vos efforts d’attention et de concentration ont été vains … lorsqu’au petit matin, vous accostez … je crois que vous n’avez qu’une seule idée en tête : ranger vite les filets, et partir à la maison pour se sécher et se reposer un peu.
Il faut alors une sacrée dose de confiance et de courage, pour, sur la parole d’un inconnu, reprendre la mer… pour dépasser l’échec de la première expérience… Il fallait juste lancer les filets à droite de la barque… alors que, je ne sais pourquoi, ils avaient été lancés à gauche !
Et lorsque les poissons, en grand nombre, sont au rendez-vous, alors tout s’éclaire. C’est le Seigneur qui est présent dans le visage de cet homme qui les invite à la joie d’un barbecue partagé sur la plage. Et voici qu’ils découvrent alors le sens de ce tombeau vide… de l’absence de leur ami qui lui permet de resurgir ailleurs de manière inattendue… qui les invite à ne jamais baisser les bras… Voici qu’ils découvrent le sens de la résurrection !

 

Comment en parlez-vous aujourd’hui ?
Croire en la résurrection, c’est accepter de toujours recommencer, et de manière toujours nouvelle, sans jamais céder à la tentation du découragement. Croire en la résurrection, c’est croire que l’avenir est devant, en refusant, surtout lorsque les temps sont difficiles, de devenir nostalgiques du passé. Croire en la résurrection, c’est s’engager sur des chemins nouveaux qui s’ouvrent devant nous.
C’est au présent qu’il nous faut parler de la résurrection. Nous ne disons pas « Christ a été ressuscité des morts » comme nous disons « Christ a été enseveli ». Non, nous disons : « Christ est ressuscité ». La résurrection n’est pas faite pour qu’on en parle, mais pour qu’on en vive… Car on ne peut pas prouver la résurrection, on ne peut qu’en témoigner …

Voici qu’après l’hiver, les fleurs éclosent, les arbres bourgeonnent …Le premier Mai, au Bocage à Chambéry, cette fondation créée par Camille Costa de Beauregard au XIXème siècle au service de l’enfance en difficulté et confiée au Salésiens en 1954, j’ai eu la joie de présider la fête de la fleur, qui réunit tous les amis du lycée agricole et de la maison d’enfants à caractère social gérés aujourd’hui par cette fondation. Ce fut, en ce printemps, un beau moment partagé de fête intergénérationnelle. Et l’éclosion des fleurs n’est-elle pas le plus beau symbole de la résurrection ?

 

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