Savoie : ils ont accueilli un migrant mineur sous leur toit

Sensible à la condition des migrants mineurs isolés qui traversent la Méditerranée, un couple chambérien a décidé de devenir famille d’accueil bénévole. Depuis un an et demi, ils partagent leur quotidien avec Moussa*, jeune Ivoirien en France depuis 3 ans

le Samedi 30 jan 2021

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Frappés par la situation des migrants mineurs isolés, Catherine* et Thierry* ont décidé d’agir. « Nous avons vu un reportage sur l’un de ces jeunes, qui étudiait sur Savoie Technolac, et c’est devenu tout de suite plus concret. Nous voulions agir, mais ne pas entrer dans l’illégalité non plus. Peu de temps après, nous avons eu connaissance de la possibilité d’accueillir bénévolement un mineur sous notre toit », explique la maman de trois enfants, deux filles et un garçon.

« Du côté des enfants, nous n’y avons vu aucun problème »

S’en est suivi un conseil de famille, où tout le monde a pu s’exprimer et poser des questions.

Pour compléter le dossier, chacun a rédigé un courrier pour expliquer sa motivation et sa vision.

« Du côté des enfants, nous n’y avons vu aucun problème. Mon frère et moi ne vivons plus à la maison, et nous espérions que notre petite sœur s’entende bien avec le jeune que nous allions recevoir », explique Amandine, l’une des deux filles du couple. Puis la première rencontre avec Moussa est arrivée. La famille a reçu le jeune Ivoirien chez elle, autour d’un goûter, pour commencer à tisser des liens et se découvrir. « Au début j’étais stressé, mais ça s’est fait très naturellement », explique celui qui vit avec sa famille d’accueil depuis 1an et demi. Une partie de bowling est venue rythmer leur deuxième rendez-vous. Et des souvenirs communs ont commencé à se créer.

Ne pas imposer sa culture, voilà la démarche de la famille savoyarde.

 

Petit à petit, les Chambériens ont dévoilé leurs passions à Moussa, et inversement. « Le ski est très important pour nous. Il a eu envie d’essayer, ça nous a fait plaisir. En une saison, il a un meilleur niveau que moi », s’amuse Catherine. Le jeune homme est un mordu de football, qu’il pratique chaque semaine. « Nous étions fermés à cet univers-là et au final, nous nous y sommes mis ! Je me suis retrouvé à vendre des boissons à un match amateur, pendant que ma femme s’occupait des crêpes », souligne Thierry. Une fois intégrée dans le dispositif, la famille a commencé à en parler autour d’elle. Des proches parfois inquiets, qui ont fini par être sensibilisés à ces problématiques : « On a su les rassurer rapidement. Ils constatent que tout se passe bien et qu’il était inutile d’avoir des craintes. »

 

(*) Tous les prénoms ont été changés par souci d’anonymat.

 

Les arrivées de migrants isolés en baisse

En Savoie, les arrivées de migrants mineurs isolés sont en baisse. En 2018, un pic avait été atteint, avec 400 jeunes sur toute l’année, puis 311 en 2019, pour finalement 176 en 2020, année marquée par la fermeture des frontières liée à la crise sanitaire. « Certains arrivent de leur pays et viennent dans notre département. D’autres arrivent à Paris, par exemple, et sont redirigés chez nous pour équilibrer les effectifs. Ils sont d’abord accueillis dans une structure de mise à l’abri, où nous allons évaluer leur minorité, car la plupart n’ont pas de papiers », explique Christelle Del Rosario, directrice “enfance jeunesse famille” du conseil départemental.

 

Pour devenir famille solidaire, téléphoner au 04 79 33 22 09.

 

Article de N.G. du Dauphiné Libéré